Un peu d'histoire récente... très rapide

En 1924, Gishin Funakoshi importe au Japon le karaté en provenance d’Okinawa, une île entre la Chine et le Japon.

   Dans les années 50, le karaté arrive en France avec des maîtres japonais, comme Me Kase de la J.K.A. Japonese Karate Association.

   En 1975, est créée la fédération française de karaté.   =>  http://www.ffkarate.fr

   La FFKDA regroupe maintenant environ 200 000 karatékas et 40 000 pratiquants d’une discipline associée, avec 1/3 de féminines.

   En Poitou-Charentes, on compte 3 300 licenciés.​

   En Deux-Sèvres, le comité départemental compte 550 pratiquants de karaté répartis sur 12 clubs.     => https://sites.ffkarate.fr/deuxsevres/

   A Parthenay le club est lancé en 1990. On dénombre 120 pratiquants dont 1/2 d’enfants.

Un historique plus complet

Savoir d’où l’on vient pour mieux appréhendre où l’on va

Histoire du Karaté
1. Bodhidarma et le temple de Shaolin
Selon la légende, à la fin du Vè siècle, un moine nommé Bodhidarma (28è descendant de Bouddha) quitte l’Inde pour s’installer dans le temple de Shaolin en Chine. Durant 9 ans, devant un mur, il se livre à la méditation bouddhiste : le chan ou zen en Chinois.

Désolé du peu de résistance physique de ses élèves durant les exercices de méditation, il leur enseigne une série d’exercices physiques extrêmement durs basés sur la respiration sous le nom de Tach’Uan.
Ce sont ces exercices, basés sur l’étude du mouvement des animaux, qui sont considérés comme la source de la plupart des arts martiaux dans le monde et en particulier du kung-fu dont de nombreuses techniques restent encore aujourd’hui fortement imprégnés des observations de la nature faites par Bodhidarma.

2. La Chine, berceau des arts martiaux
A son époque, le monastère de Shaolin acquiert la réputation de former les plus redoutables guerriers de Chine grâce à l’association d’un entraînement physique et psychologique, ce qui donne naissance aux arts martiaux. L’enseignement de ces techniques est toujours secret. Mais l’invasion du temple de Shaolin force les moines à fuir dans toute la Chine et donc à diffuser ces techniques. De nos jours, beaucoup de styles se disent toujours d’inspiration de Shaolin …
Pour comprendre la naissance des arts martiaux, ses méthodes d’entraînement et son évolution,il faudra toujours faire un détour par la culture chinoise

3. De la Chine à Okinawa : 1ère signification du mot Kara : « qui vient de Chine »
Ces techniques de combat d’origine chinoise Shaolin (ou to-de) suivent les circuits d’échanges (commerciaux, culturels, populations…) en direction d’Okinawa (un ensemble d’ïles au sud du Japon) où elles sont développées et perfectionnées. Il n’y a pas de trace écrite de la transmission de ces techniques à Okinawa qui est considéré comme le berceau du karaté tel que nous le pratiquons aujourd’hui. Les plus grands experts (dont Funakoshi) proviennent d’Okinawa. C’est à ce titre que le karaté est considéré comme un art martial d’Okinawa.
Pourquoi est-ce que le karaté s’est développé sans armes ?
En 1409, le roi Sho Hashi unifie les territoires d’Okinawa et interdit la possession et l’usage des armes par crainte des révoltes populaires. 200 ans plus tard, soit en 1609, les armes sont à nouveau confisquées, par le gouvernement japonais cette fois. Ces interdictions contraignent les habitants à développer un mode de combat « à mains nues » à partir des méthodes de combat chinoises reprises sous le nom de Okinawa-Te : Te signifiant « mains », Okinawa-Te signifiait donc les techniques de combat à mains nues d’Okinawa.
Comment s’est développé le kobudo ?
Néanmoins, l’interdiction d’utiliser des armes a été contournée par l’utilisation d’outils agricoles de l’époque.
C’est ainsi qu’on retrouve parmi les armes traditionnelles d’Okinawa : le Bô (le bâton de l’éleveur), le nunchaku (utilisé pour battre le blé), le saï (sorte de fourche pour manipuler les bottes de foin), le tonfa.

4. Le karaté devient éducation physique
A Okinawa, le to-dé se transmet d’abord oralement de maître à (quelques) disciples, plus ou moins en secret. Les écoles prennent le nom de leur localité : le tomari-té à Tomari et le shuri-té à Shuri, le naha-té à Naha.
A la fin du XIXè, Okinawa devient préfecture japonaise, et en 1903, le gouvernement de Tokyo autorise la pratique du karaté dans les écoles comme partie de l’éducation physique et sportive. Cette 1è transmission au grand public est l’œuvre de Higaona et Itosu avec le sergent Yabu (un ex-militaire qui nous lèguera sa pédagogie rigoriste). Pour cela , ils modifient et adaptent le to-dé art de combat, pour qu’il puisse être
pratiqué par les enfants des écoles. La main ouverte est alors remplacée par le poing fermé, pour que ceux-ci puissent s’entraîner avec plus de sécurité. Cette seule modification a changé fondamentalement l’art. C’est aussi l’apparition des 5 pinan à partir de Kushanku kata.

5. Le Karaté se transporte au Japon avec G.Funakoshi
Senseï Funakoshi est né en 1868 à Okinawa. De constitution plutôt fragile, ses parents lui font étudier le Karaté afin de surmonter ses faiblesses. Dès lors une lente alchimie améliore considérablement sa frêle
santé. Un ami de sa classe est le fils de Yasutsune Azato : l’un des plus grands experts du karaté d’Okinawa dont il devient l’élève. Cela le mène à s’investir durablement dans « l’art de la main vide ».
L’homme est très cultivé et de surcroît poète. Sensible au code moral de ses ancêtres, il observe rigoureusement les interdits d’autrefois, et considère aux vues de ces principes que le Samouraï se doit en toute occasion de renvoyer une image impeccable
Le Maître Gichin FUNAKOSHI est considéré comme le fondateur du karaté moderne.
Il est l’un des premiers à promouvoir cet art martial. Il est choisi afin de représenter le karaté lors de la première démonstration nationale à Tokyo en 1922, (à l’invitation du ministre de l’éducation et de Jigorô Kanô, fondateur du judo).
Le Karaté, tel qu’on le connaît aujourd’hui, est reconnu par le gouvernement japonais Bien qu’ayant dépassé la cinquantaine, cet événement transforme sa vie. Il s’installe à Tokyo où il développe le karaté à partir de son 1er dojo le « shoto kan »,.Il adopte entre autres le kimono blanc et les ceintures de couleur du judo.

6. Le karaté est modernisé par Funakoshi : 2ème signification du mot Kara : « vide »
Cela fait maintenant une dizaine d’années que Funakoshi a patiemment implanté son enseignement de l’Okinawa-te au Japon et notamment dans les universités de Tōkyō. Mais cette pratique est encore très restreinte et confidentielle en 1932, d’autant plus que la guerre sino-japonaise a éclaté et fait rage en Manchourie. Toute référence à la culture chinoise devenant mal vue sous la poussée du nationalisme sévissant à l’époque. Funakoshi change les pictogrammes 唐手 (« main de la dynastie Tang ») qui étaient prononcés « tō-de » en okinawaïen et « karaté » en japonais , en utilisant un autre idéogramme 空手 de même prononciation mais signifiant «vide» ; kara-te devient « la main vide » .
Il ajoute le suffixe « do » (la voie, c’est à dire la recherche) comme dans « ju-do » « aïki-do » « ken-do » ou « kyu-do » mais aussi « cha-do », « sho-do », ou « ka-do ».

Il modifie aussi les vieux noms de katas de l’Okinawaïen au Japonais.
Pour une signification plus exacte du mot « Karatédo » il ne faut pas se limiter à une traduction littérale comme « l’art de la main vide », mais plutôt l’art de « l’esprit vide ». Un esprit non pas sans connaissance mais un esprit pur, calme. 
Mizu-no-kokoro  » l’esprit calme comme la surface d’une eau tranquille  » Cette phrase résume à elle seule l’essentiel du karaté traditionnel en faisant le lien avec l’enseignement de Bodhidarma : un ensemble de principes physiques et psychologiques devant mener à une plus grande sérénité.
Avant de s’éteindre en 1957, il forma de nombreux élèves : Obata, Okuyama, Harada, Hironishi, Takagi, Oshima, Nakayama, Nishiyama, Kase.

7. Le karaté devient sportif avec Nakayama
Sensei Nakayama Masatoshi est né au Japon en 1913 dans une famille de Samourais À l’âge de 10 ans, il s’initie au judo qui connaît alors un développement important, tout en continuant l’art du sabre (le kendō : l’art des samouraïs) avec son père et son grand-père. Les sabres ont été remplacés par un sabre de bambou, le shinai, mais les coups peuvent être néanmoins si  forts que les pratiquants portent une armure de protection.
C’est le plus populaire des arts martiaux au Japon. Il demande des qualités de sang-froid, d’énergie et de rapidité de décision. Si ses règles peuvent paraître simples, elles sont la base de stratégies complexes d’attaques et de contre-attaques, dans un laps de temps très court. C’est une discipline autant physique que mentale.
Lorsque Nakayama arrive à Tōkyō pour ses études universitaires (langues, histoire)(1932), il veut continuer la pratique du kendō, mais en se trompant d’horaire il se présente au dojo durant la pratique de karaté. Il est fasciné par ce qu’il voit et il est invité à retourner la prochaine classe. A cette époque Sensei Funakoshi est encore actif comme enseignant. L’entraînement est rigoureux et épuisant, seulement une petite partie des étudiants reste plus de six mois. Les apprentissages consistent en 50 ou 60 répétitions d’un seul kata, et à
frapper 1000 coups au makiwara.
La génération de Nakayama, cependant, a été formée en pratiquant le kendo ou le judo et ainsi ils étaient tous habitués à différents types de rencontres où ils faisaient face à un opposant réel. Ceci a mené au développement et l’inclusion dans la pratique du karaté-dō du kumite en 1933, du combat semi libre en 1934, et du combat libre en 1935.

La 1è démonstration publique de ces nouvelles méthodes d’entraînement a lieu au Centre Civique de Tōkyō à l’automne 1936.
Nakayama passe cinq années de sa vie au contact de Funakoshi Gichin. Outre ses cinq heures quotidiennes de pratique de karaté-dō, il suit un cours académique en histoire et langue chinoise. Il était resté 3 ou 4 mois en Manchourie en 1933, comme étudiant. Il retourne en Chine en 1937 dans un programme d’échange universitaire. Il y restera pour travailler pour le gouvernement chinois. Pendant son séjour de 11 ans en Chine, Nakayama continue à pratiquer et enseigner le karaté-dō, mais il étudie aussi plusieurs arts martiaux chinois avec des Maîtres chinois de boxe. Il invitera plus tard le Maître chinois Yang-Ming-Shi à venir enseigner le Taiji-quan à la JKA.

8. Le karaté s’internationalise avec la JKA
Il ne rentrera dans un Japon ruiné qu’en 1946 après la défaite du Japon pour reprendre sa pratique du Karaté-dō avec Maître Funakoshi. Plusieurs de ses ompagnons de karaté sont décédés; Funakoshi a perdu son fils Gigo miné par la tuberculose, et le dōjō Shōtōkan a été détruit par les bombardements américains. Progressivement, les anciens élèves de Funakoshi ayant survécu au conflit reprennent contact avec lui et l’aident à redémarrer.
En 1947, Nakayama devient l’entraîneur de l’équipe de karaté de l’Université de Takushoku où il invente deux nouveaux coups de pied; « oshigeri »( coup de pied ou blocage sur une poussée) et « gyaku mawashigeri » (coup de pied circulaire de revers). Il crée avec Obata et
Nishiyama la Nihon Karate Kyōkaï (JKA). Funakoshi Gichin a été nommé président d’honneur même s’il refusait la tournure sportive de l’art qu’il avait ramené d’Okinawa. Nakayama, reconnu pour avoir de
bonnes capacités d’organisation, se voit confier l’élaboration des programmes techniques. Obata est nommé président.
Suite à d’importantes rivalités de personnes et à des querelles de fond concernant l’orientation à donner, peu à peu, nombre d’anciens partent ( Egami et Kamata en 1953), et en 1954 Obata , qui trouve que la JKA s’éloigne des vraies racines du Budo, démissionne. Ils laissent progressivement le champ libre à Nakayama (qui reprend le poste de président) et Nishiyama.
Toutes les scissions et querelles qui ont marqué le développement du Shōtōkan, ont toujours tourné autour de l’assaut libre et de la compétition sportive arbitrée.
Nakayama, trouve le karaté trop exclusivement axé sur les katas et souhaite le développement des assauts conventionnels et surtout libres. Beaucoup de jeunes comme Nakayama, ayant commencé avant la guerre, avaient été séduits par les innovations et méthodes d’entraînements plus physiques du fils du maître, Yoshitaka, en particulier les coups de pieds de côté et circulaires. Les anciens, Egami, Kamata, Obata, désirent demeurer dans la lignée du père, Gichin. En 1951, sous l’impulsion de Nakayama, le Jyu-kumite est introduit dans les passages de grades. Dès 1954, où il se retrouve seul à la tête de la JKA, Nakayama
travaille à ses idées de développement du karaté par le biais de la compétition comme le faisait alors le judō et le kendō.
Suite à un voyage aux USA de Funakoshi avec Isao, Obata, Toshio, Kamota et Nakayama, on se rend compte que les instructeurs U.S. de conditionnement physique passés au Kōdōkan à Tōkyō pour apprendre le judō, le karaté, et l’aikidō ont reçu un entraînement limité au karaté avant de retourner aux États-Unis pour enseigner eux-mêmes. Malheureusement, cette émigration accélérée a pour conséquence un appauvrissement de l’aspect spirituel et philosophique de cet art martial. En effet, certains instructeurs n’ont pas une connaissance suffisante du karaté pour en saisir toute la profondeur. De plus, de nombreuses formes adaptées (styles supposés de karaté) et des groupes récalcitrants font leur apparition. Nakayama décide donc de créer le programme d’instructeurs de la J.K.A. pour s’assurer que le véritable karaté soit enseigné. Il est assisté dans cette tâche par Kanazawa Hirokazu, Enoeda Keinosuke, Shoji Hiroshi, Okazaki Teruyuki, Shirai Hiroshi, Kase Taiji, Ochi Hideo.
Nakayama attendra le décès du maître Funakoshi pour organiser en octobre 1957 à Tokyo les premiers « all Japan karaté championchips », remportés par Hirokazu Kanazawa future référence du karaté shotokan. C’est un immense succès. A partir de là, Nakayama et la JKA témoigneront d’une ferveur importante, formant et envoyant des instructeurs compétents et professionnels aux quatre coins du monde. Pour ne citer que l’Europe de l’Ouest, le développement considérable du karaté à l’heure actuelle ne serait peut-être pas aussi important, s’il n’y avait eu les Senseï Enoeda (Ecosse), Shiraï (Italie), Ochi (RFA), Sugimura (Suisse), Miyazaki (Belgique), et bien sûr Taiji Kase (France) et Kanazawa qui a créé son propre groupe en 1977, le SKI (Shotokan Karate International), mais a œuvré sans compter pour le développement du karaté-dō au sein de la JKA pendant 10 ans ; une organisation de 10 millions de membres dans plus de 155 pays;
Nakayama a continué à voyager pour enseigner, transmettre ses connaissances, tout en écrivant une vingtaine de livres sur karate-dō : » Le 14 avril 1987, Masatoshi Nakayama meurt à l’âge de 74 ans. Sensei Okazaki lui rend un vibrant hommage: « Il a été un véritable Maître de karaté-dō qui a complètement absorbé toute la philosophie, les techniques et idées de Funakoshi, et a consacré toute sa vie à les transmettre au monde entier.